Section des enseignants en médecine familiale
- Du bureau de la rédactrice
- Formation professorale
a.Développement professionnel des qualités de leadership et
de gestion chez les professeurs de médecine familiale
b.Programmes de formation professorale et sites Web des quatre
coins du pays
- Article spécial: Stratégies pour l'enseignement
dispensé en cabinet
- Ressources pour les nouveaux professeurs - Site Web
du CMFC
- Conseils pratiques pour
l'enseignement - Une page à l'intention des enseignants en médecine
familiale
- Enseignement de l'approche diagnostique fondée sur
des preuves
- Survol des activités de la Section des enseignants
- Activités à venir : Le Forum 2003 en médecine
familiale " Atteindre de nouveaux sommets "
- Le Fonds de dotation Ian McWhinney atteint les 30 mille
dollars!
- Nouvelles des départements de médecine
familiale
- Conférences/Assemblées/Colloques à venir
- Le Collège des médecins de famille du Canada
(CMFC)
- Le comité exécutif de la Section des
enseignants en médecine familiale
Du bureau de la rédactrice
par Ivy F. Oandasan, MD, CCMF, MHSc
"
Observer, imiter puis enseigner à son tour ". La plupart d'entre
nous sommes devenus des enseignants en médecine familiale à partir
de ce vieil adage. D'autres ont eu l'occasion de participer à des stages
de perfectionnement ou à des études universitaires de troisième
cycle en relation avec la médecine familiale et l'éducation. Cependant,
nous devons tous nous assurer que nos aptitudes pour l'enseignement soient maintenues
à jour. Par conséquent, le développement professionnel
devrait être une composante importante de nos activités universitaires.
Ce numéro du bulletin d'information s'intéresse au développement
professionnel en publiant des articles et des ressources susceptibles d'aider
les éducateurs en médecine familiale à améliorer
leurs habiletés pour l'enseignement. Nos membres de la Section des enseignants
possèdent une vaste expérience d'enseignement et il serait tout
à fait approprié de partager ces ressources à l'échelle
nationale. Dans cette édition, nous présentons un article spécial
par Warren Rubenstein et Yves Talbot de l'Université de Toronto sur des
stratégies d'enseignement. Martin Dawes de l'Université McGill
nous parle de la médecine fondée sur des preuves alors qu'Helen
Batty, présidente du Comité de développement professionnel,
nous entretient du travail qu'effectue présentement ce comité
au Collège. Le présent numéro vous offre aussi des liens
Internet aux articles d'archivage du bulletin d'information ainsi que des liens
et des contacts pour les ressources de développement professionnel au
sein des départements universitaires des quatre coins du pays. Nous anticipons
recevoir vos " conseils pratiques pour l'enseignement " qui seront
peut-être, au cours des prochains mois, publiés dans Le Médecin
de famille canadien, plus précisément dans la page réservée
à la Section des enseignants. Nous espérons que ce bulletin vous
servira pour consultation future. À l'automne prochain -
Développement professionnel des qualités de
leadership et de gestion chez les professeurs de médecine familiale
par Helen Batty, MD, CCMF, MEd, FCMF, Université de Toronto
Bon nombre de professeurs de médecine familiale deviennent des chefs
de file et des gestionnaires de programmes cliniques ou éducatifs. Devrait-on
élargir la gamme des activités de formation professorale et y
inclure la préparation des professionnels à mieux assumer ces
rôles? Les représentants des départements universitaires
de partout au Canada ont indiqué que la réponse était OUI!
La journée nationale de formation professorale s'est déroulée
dans le cadre du Forum en médecine familiale tenu le 6 novembre 2002
et a regroupé les représentants de 9 facultés de médecine
qui ont analysé les concepts actuels et les activités dans ce
domaine. Étaient présents : Ian Sempowski (Queen's), Eva Knell,
Jean Jamieson and John Edworthy (Université de Colombie-Britannique),
Christine Rivet (Ottawa), Lori Edey (McMaster), Barbara Lent (Université
de Western Ontario), Gilles Girard (Sherbrooke), Lynn Langlois (Laval), Yvonne
Steinert (McGill), Helen Batty (Toronto) et Lynn Dunikowski (bibliothécaire
du CMFC).
Définition
Le " Réseau de développement professionnel et organisationnel
dans le domaine de l'éducation supérieure " définit
la formation professorale dans trois domaines principaux : http://lamar.colostate.edu/~ckfgill/facd/definit.html
. On y indique que " la formation professorale réfère généralement
aux programmes centrés sur le professeur à titre individuel. Le
plus souvent, les programmes de ce type sont centrés sur le professeur
universitaire dans son rôle d'enseignant ". Par contre, on y retrouve
également d'autres domaines importants de la formation professorale,
du développement pédagogique et du développement organisationnel.
Dans le contexte traditionnel de la formation professorale, on note que "
ces programmes sont fréquemment centrés sur le professeur universitaire
dans son rôle d'érudit et de professionnel. Ces programmes offrent
une aide dans les domaines de la planification d'une carrière, de la
formation professorale en termes d'habiletés pour les travaux d'érudition,
par exemple la rédaction des demandes de subvention, le travail en comité,
le travail administratif, les habiletés de supervision et une vaste gamme
d'autres activités dans lesquelles on s'attend à une implication
du professeur ". Il existe un autre " domaine qui suscite l'intérêt
des programmes de formation professorale; c'est celui du professeur universitaire
comme personne. On y retrouve la gestion du mieux-être, les habiletés
interpersonnelles, la gestion du temps et du stress, le développement
de l'assertivité (confiance en soi) et toute une série d'autres
programmes touchant le bien-être de l'individu ".
" Le développement organisationnel vise la maximisation de l'efficacité
institutionnelle. Ces programmes sont centrés sur la structure organisationnelle
de l'institution et de ses éléments constituants. La philosophie
sous-jacente veut que si l'on peut mettre sur pied une structure organisationnelle
efficiente et efficace pour soutenir les professeurs et les étudiants,
le processus enseignement/apprentissage en profitera naturellement.
L'une des activités offertes dans le cadre de ces programmes est une
formation dans le domaine de l'administration destinée aux directeurs
de départements, aux doyens et autres décideurs. Cette activité
est justifiée par le fait que ces individus définiront les politiques
entourant les modalités d'enseignement, le recrutement et la promotion
des professeurs, l'admission et la promotion des étudiants. Si ces politiques
permettent la croissance et la flexibilité tout en favorisant le maintien
des normes, il en résultera une augmentation de la somme des apprentissages.
Entre autres activités, notons l'aide apportée à certains
modules pour mieux comprendre les décisions touchant le curriculum, le
recrutement du personnel affecté aux cours et autres matières
organisationnelles. Ces questions administratives reflètent-elles la
mission de l'institution? Sont-elles encore valides ou devrait-on les changer?
Quel est le processus de changement?
D'autres programmes traitent des aspects personnels touchant les professeurs.
Comment s'effectue l'évaluation des professeurs et quelles sont les modalités
de récompense? Comment les prépare-t-on aux changements de l'institution,
y compris leur propre retraite? Quelle est la place des professeurs dans la
structure globale de la gouvernance de l'institution? Quel est l'effet de la
syndicalisation, de la départementalisation et de la professionnalisation?
On constate donc que ces programmes étudient les interactions qui se
déroulent dans l'institution et comment celles-ci affectent le fonctionnement
autant de l'individu que de l'institution pour ensuite rechercher des moyens
de rendre ces interactions plus humaines et plus efficaces. "
Le 6 novembre 2002, trois modèles différents proposés
par McGill, Ottawa et Toronto ont fait l'objet de discussion concernant l'amélioration
de l'expertise des professeurs plus âgés ou d'âge moyen,
et la préparation initiale des plus jeunes. Le premier modèle
est une série complète d'ateliers sur le " développement
du leadership " présentés par une équipe dirigée
par Dre Yvonne Steinert de l'Université McGill. Certains de ces ateliers
sont présentés en médecine familiale : compétence
en gestion pour les professeurs médecins (deux jours); gestion du temps
(modules de FMC); leadership, changement et rencontres efficaces (modules de
formation professorale). D'autres sont offerts à l'ensemble de la faculté
de médecine : leadership et compétence en administration; mentorat
(pour les directeurs de département); et problèmes de gestion
(également pour les directeurs de département).
Le populaire atelier " leadership et changement " a été
répété pour un auditoire d'étudiants, de résidents
et de professeurs.
On peut présenter les importants thèmes suivants sous forme d'ateliers
séparés d'une durée de quelques heures ou les combiner
sous forme d'un programme d'une durée de deux jours intitulé :
" Compétence en gestion pour les professeurs ". La liste des
sujets comprend :
Jour I
- Introduction à une gestion efficace du temps
- Analyse de votre compétence à gérer le temps
- Organiser votre temps pour atteindre vos objectifs et
vos priorités
- Améliorer votre gestion du temps I : Planifier votre
temps et apprivoiser la " jungle du bureau "
- Améliorer votre gestion du temps II : Apprendre à dire "
Non " et déléguer de façon efficiente
Jour II
- Introduction au leadership efficace
- Analyser votre style de leadership
- Améliorer votre compétence en leadership
- Planifier et diriger efficacement une réunion
Docteure Yvonne Steinert a également été invitée
à animer un atelier intitulé " Leadership au 21e siècle
: répondre à l'environnement changeant des soins de santé
".
Le programme " Teaching scholars " de l'Université McGill,
destiné aux éducateurs des sciences de la santé, est un
programme qui se déroule à temps partiel sur une durée
de 12 mois et qui offre des thèmes de leadership et de gestion, ainsi
que des projets dans le cadre d'un curriculum total. [http://www.academicmedicine.org/cgi/content/abstract/78/2/142]
Il offre aux étudiants la possibilité de s'inscrire à des
cours électifs de deuxième cycle à la Faculté d'administration
de l'Université McGill.
Résultat :
Jusqu'à maintenant, 22 personnes ont complété le programme.
Un médecin de famille est diplômé; un autre est présentement
inscrit.
À l'Université d'Ottawa, un programme innovateur intitulé
" Programme universitaire de leadership dans les sciences de la santé
" dispose d'un soutien élargi provenant de l'université,
des hôpitaux d'Ottawa et du Collège royal. Comme l'explique la
brochure du programme, " Ce programme a été conçu
pour encourager le leadership situationnel à de nombreux niveaux, potentiellement
mais pas nécessairement liés aux postes d'autorité présents
ou futurs à la faculté de médecine ou dans les hôpitaux.
Ce programme devrait être perçu comme un engagement à soutenir
avec le temps le développement du leadership; la session de formation
d'une durée de cinq jours ne constitue qu'un des aspects du programme
". " La faculté et les hôpitaux se sont engagés
à établir des liens entre la session formelle de leadership d'une
durée de cinq jours et des expériences de développement
au terme de la session de cinq jours. Ceci comprendra un suivi par différents
Bureaux, notamment celui des affaires facultaires, de l'équité
et de la formation médicale continue ". " Le programme local
servira à créer une masse critique de chefs de file qui profiteront
d'un réseau élargi de collègues dans leur propre institution
et obtiendront des résultats impossibles à atteindre lorsque les
professeurs participent à des programmes de leadership donnés
à l'extérieur ". " L'un des buts importants de la faculté
consiste à encourager et à préparer des professeurs de
sexe féminin et des francophones ". " Les professeurs qui participent
à ce programme sont nommés par leur directeur de département
ou par les administrateurs des hôpitaux. Il y a un engagement ferme de
présenter cette session de cinq jours trois fois au cours des trois prochaines
années (2001, 2002 et 2003) et d'offrir les activités pré
et post-session avec évaluation, révision et changements à
apporter à chaque présentation du programme ". Dre Rose Goldstein
préside le comité de planification. Les conférenciers proviennent
de plusieurs professions de la santé, y compris la médecine familiale,
notamment avec les Dr Nick Busing et Jeffrey Turnbull.
Voici un aperçu des sujets présentés au cours de cette
session formelle de cinq jours :
- Orientation
- Anatomie d'une organisation
- Paradigmes entourant le leadership
- Attentes changeantes pour le leadership
- Promotion de la collaboration et gestion des conflits
- Questions de recherche : rencontrer les chefs de file
- Améliorer le potentiel personnel en leadership
- Notions fondamentales de la gestion du changement
- Questions d'éducation : rencontrer les chefs de file
- Comportements et développement d'une équipe
- Maintien d'un équilibre personnel comme chef de file
- Questions touchant les services cliniques :
rencontrer les chefs de file
- Travail de présentation en équipe (plusieurs
sessions)
- Influencer les autres
- Préparation à la réinsertion
Le programme a connu beaucoup de succès jusqu'à maintenant; les
discussions se poursuivent pour le prolonger au cours des prochaines années.
Le 6 novembre dernier, Dre Lynn Pitre, médecin de famille à Ottawa
et exerçant dans la communauté, a participé au programme
et présenté au groupe le compte-rendu de son expérience.
Selon elle, le programme est très valable et, dans les prochaines années,
elle a l'intention de contribuer à sa planification et aux activités
qui l'accompagnent.
Parmi les programmes de formation professorale du Département de médecine
familiale et communautaire de l'Université de Toronto, on retrouve le
leadership et la gestion. Le programme national de 5 fins de semaine présente
les sujets suivants au cours de la deuxième fin de semaine : <
http://dfcm19.med.utoronto.ca/5wkndfellow/5_weekend.htm>
- Soins de santé et réforme de la santé au Canada
- Gestion des petites unités
- " Réunions, foutues réunions " vidéo et discussion
- Planification d'une stratégie de carrière
- Gestion du temps
- Travail d'équipe, théorie et évaluation
Les programmes universitaires de stages et le MHSc (médecine familiale
et communautaire) offrent des sessions semblables dans le cadre d'une série
de séminaires " Questions sociales, politiques et scientifiques
en médecine familiale ". Le Dr Philip Ellison a présenté
à deux reprises un cours optionnel " Administration universitaire
et gestion des petites unités " dont voici quelques sujets :
Survol :
- Exigences du système - tableau général
- Étude de cas - Chef TTH - Quelles sont les questions
de gestion et de leadership applicables à ce cas?
- Analyse du cas et de la situation
Pouvoir et politique : l'art de la négociation
Gérer le changement
Survol :
- Étendue du changement
- Que se passe-t-il lorsque le changement est mal géré?
- Forces appliquées sur les organisations qui font la
promotion du changement
- Évaluer le besoin de changement
- Événements déclenchants - comment les gérer
- Changer une organisation mature
- Les dix commandements de la gestion du changement
Résolution des conflits - est-ce nécessaire?
La maîtrise en médecine familiale offerte par l'Université
de Western Ontario offre un cours optionnel de niveau 511 a/b " Gestion
de l'organisation ".
Mme Lynn Dunikowski, bibliothécaire du CMFC, assistait à la rencontre
et a présenté un ensemble très utile de références
spécifiques à ce domaine du développement professionnel
: http://dfcm19.med.utoronto.ca/GradStudies/RecentLit_LDunikowski.pdf
En plus, des copies de la 2e édition du document ressource sur la formation
professorale produit par le groupe américain des enseignants en médecine
familiale ont été distribuées. On peut également
retrouver ce document en ligne avec une liste de références, notamment
:
- Gestion du temps - priorités
- Compétence en administration, gestion et négociation
- Leadership organisationnel et changement
http://stfm.org/pdfs/gfdrl.pdf
Cet article vous a fourni des renseignements et une description des concepts
actuels touchant la formation professorale et les activités formelles
de formation professorale offertes par différentes universités
du pays. Pour plus d'information, veuillez communiquer avec le représentant
de la formation professorale de votre département de médecine
familiale.
Programmes de formation professorale et sites Web des quatre
coins du pays
Voici de l'information concernant les programmes de formation professorale
et les sites Web des départements universitaires de médecine familiale
dans l'ensemble du pays. Souvenez-vous que plusieurs départements universitaires
offrent des possibilités de formation pour les professeurs qui ne sont
peut-être pas aussi méthodiques ou structurées que celles
apparaissant ci-dessous. Les professeurs intéressés devraient
communiquer avec leur département universitaire afin d'être mieux
renseignés.
Université de Colombie-Britannique
La Faculté de médecine a un site, www.facdev.med.ubc.ca,
qui donne une description générale des programmes de la Faculté.
Bon nombre de ces programmes sont parfaitement applicables aux enseignants cliniques.
Le site postdoctoral www.familypractice.ubc.ca/residency/
offre une liste de ressources ("resource list") disponibles qui est
graduellement mise à jour pour aider les enseignants à la recherche
de conférenciers et d'experts.
Univesité McMaster
Un site Web porte spécifiquement sur le Programme de formation professorale
de la Faculté des sciences de la santé. Il offre des liens à
toute une variété de ressources autres que la liste des cours
offerts.
http://www.fhs.mcmaster.ca/facdev/
Voici le site de formation professorale pour le Département.
http://67.69.12.117:8080/fammed/education/faculty/
Université McGill
Université McGill : www.medicine.mcgill.ca/facdev/
Médecine familiale : www.med.mcgill.ca/familymed/facultydev.htm
Université de Toronto
Preparing Physicians for Lifetime Leadership and Academic Careers
Le Programme d'études supérieures / Développement professoral
du Département de médecine familiale et communautaire est conçu
spécifiquement pour préparer à la carrière de professeur
en Médecine ou comme possibilité de sabbatique pour des études
de niveau avancé. L'accent y est mis sur l'éducation et la recherche
en Soins de première ligne, avec possibilités d'apprentissage
didactique et expérientiel.
Pour information
Téléphone : 416-978-1914 Télécopieur : 416-978-3912
Courriel : familymed.grad@utoronto.ca
Training the Trainers in Family Medicine
Surveillez la brochure 2003
Le 5 Weekend Family Medicine Fellowship (programme de formation en médecine
familiale réparti sur 5 fins de semaine) est un programme unique et innovateur
de FMC offert par l'Université de Toronto et approuvé par le Collège
des médecins de famille du Canada. Ce programme vise essentiellement
à former une équipe de chefs de file en médecine familiale
qui influenceront l'éducation, la recherche et les politiques d'intérêt
public visant le bien-être des Canadiens et la rentabilité du système
de soins de santé.
Université de Western Ontario
Médecine familiale - Programme d'études supérieures
Établi en 1977, ce fut le premier programme de niveau maîtrise
mis sur pied afin de préparer les médecins de famille à
leurs rôles de professeurs. Depuis 1997, le programme a été
offert sous forme d'enseignement à distance sur l'Internet. Pour plus
d'information concernant ce programme, visitez le site :
http://www.uwo.ca/fammed/grad/index.html
Article spécial
Stratégies pour l'enseignement dispensé en cabinet
par Warren Rubenstein, MD, FCMF, Yves Talbot, MD, FRCP, Université de
Toronto
En médecine familiale, la majeure partie de notre enseignement se déroule
dans le contexte du cabinet. Certains d'entre nous enseignent également
dans des contextes intrahospitaliers, par exemple le travail et l'accouchement,
le service des urgences ou les visites à domicile. L'enseignement en
cabinet demeure toutefois l'essence de la formation dans notre discipline.
La plupart des enseignants élaborent quelques stratégies avec
lesquelles ils deviennent très à l'aise. Ces stratégies
ont habituellement été acquises de leur enseignant favori pendant
leurs études médicales ou pendant la résidence. Elles sont
abondamment utilisées, d'autant plus qu'elles semblent très bien
fonctionner et correspondre à la personnalité de l'enseignant.
De nombreux enseignants ne sont même pas conscients des options, ne trouvent
pas le temps d'en apprendre davantage ou de faire l'essai de nouvelles stratégies.
Que ce soit dans un contexte communautaire ou un centre hospitalier d'enseignement,
la journée consacrée à la pratique en cabinet est toujours
achalandée. Il faut simultanément voir des patients, répondre
aux appels téléphoniques, s'entretenir avec les consultants ou
régler les problèmes inhérents à l'administration
d'un cabinet - on n'a pas le temps de s'ennuyer. À quel moment peut-on
enseigner? Chaque cabinet ou chaque médecin aura une réponse différente.
Dans de nombreux centres hospitaliers d'enseignement, celui-ci fait partie de
la mission de l'établissement. Pour d'autres, la question importante
est de planifier les activités d'enseignement de façon à
ce qu'elles fassent partie de la vie quotidienne plutôt que de les laisser
au hasard. Au cours d'une journée typique au cabinet, les moments les
plus opportuns sont les suivants :
- Avant l'arrivée du premier patient - réserver de 15 à
30 minutes pour concentrer certaines opportunités d'enseignement
- Entre les patients - profiter d'un bref moment pour
passer en revue certains points importants
- Au moment du repas du midi - une autre occasion de
consacrer un peu de temps à enseigner de façon détendue
- Lorsqu'un patient ne se présente pas à son
rendez-vous - ce qui crée un trou dans votre horaire
- Après le dernier patient.
Au cours d'une même journée d'enseignement, on peut avoir recours
à une panoplie de stratégies. Chacune d'elles permettra à
l'étudiant de se concentrer sur l'apprentissage d'un problème
particulier, que ce soit l'apprentissage de notions factuelles, d'attitudes,
du processus décisionnel, etc. Les meilleurs enseignants sont habiles
dans une vaste gamme de stratégies et leur choix est fonction des besoins.
Voici une sélection de stratégies parmi lesquelles vous pouvez
choisir en fonction de vos variables quotidiennes, du temps disponible, du sujet
à étudier ou de la quantité d'énergie dont vous
et votre étudiant disposez.
- Discussion de cas
C'est la stratégie la plus fréquemment utilisée dans
l'enseignement en cabinet. L'étudiant voit d'abord le patient, puis
il vous présente son anamnèse, les observations faites à
l'examen physique et son plan de prise en charge. Habituellement, l'enseignant
pose quelques questions de clarification et peut ensuite voir le patient afin
de réviser les observations. Comme la discussion a habituellement lieu
entre les visites des patients et pendant que le patient attend, cette discussion
sera brève et centrée sur la prise en charge du patient. Cette
stratégie sera très utile avec les étudiants dépourvus
d'expérience. Elle diminue l'anxiété de l'étudiant
puisqu'il sait que vous êtes disponible et elle permet à l'enseignant
une surveillance étroite. Elle est par contre de portée limitée
parce qu'elle repose sur le rapport verbal de l'étudiant et qu'elle
restreint l'autonomie souhaitée pour les étudiants plus avancés
dans leur formation.
- Révision des cas
Par définition, cette méthode consiste à passer en revue
un grand nombre de cas dans une même séance. En présence
de un ou plusieurs étudiants réunis au cabinet, vous demandez
à chaque étudiant de présenter un cas (à vous
et au groupe s'il y a lieu). L'enseignant anime ensuite une discussion basée
sur le cas présenté. La discussion sera parfois brève
afin de satisfaire à l'obligation légale d'un examen par un
médecin ayant un permis d'exercice. D'autres cas, par contre, feront
l'objet d'une analyse et d'un examen plus minutieux. Vous pouvez vous servir
d'un cas pour générer une discussion plus approfondie. Cette
méthode convient davantage aux étudiants plus avancés
qui jouissent d'une plus grande autonomie et qui peuvent profiter de la perspective
plus large de la discussion en groupe.
- Observation directe
L'observation directe consiste à s'asseoir avec l'étudiant dans
la salle de consultation ou à utiliser une caméra vidéo.
Cette stratégie est idéale pour la supervision et l'enseignement
des habiletés d'entrevue, de l'examen physique, des habiletés
organisationnelles, du raisonnement clinique et des attitudes. L'étudiant
n'a plus à répéter les détails de son questionnaire
et de son examen physique avant de discuter de sa prise en charge. Lorsque
l'enseignant est directement présent dans la salle, le patient tente
souvent d'interagir avec lui. Préparez les patients, sensibilisez-les
à cette tendance et évitez tout contact visuel avec le patient.
Avec l'utilisation de l'enregistrement vidéo, l'étudiant peut
voir ce qu'il a fait et tirer ses propres conclusions. On peut également
voir la justification des observations de l'enseignant plutôt que se
limiter à leur seule description.
- Revue des dossiers
Cette stratégie ressemble beaucoup à la révision des
cas, mais on utilise le dossier écrit (ou électronique) de la
visite du patient plutôt que le récit verbal de l'étudiant.
Au moment propice, lorsque vous disposez de 15 à 20 minutes, passez
en revue les dossiers de la dernière séance de consultation.
Dossier après dossier, lisez la raison de consultation, l'anamnèse
et l'examen physique, le diagnostic, les tests demandés et les recommandations
thérapeutiques. Le tout peut s'accompagner d'une discussion sur les
éléments essentiels de la tenue des dossiers et sur tout sujet
pertinent en relation avec les cas. Cette stratégie est idéale
pour les étudiants de niveau avancé qui ont travaillé
de façon plus ou moins autonome pendant la séance de consultation.
Par ailleurs, lorsque les étudiants ont moins d'expérience (lorsque
vous avez déjà révisé le cas avant le départ
du patient), on peut avoir recours à cette stratégie pour se
concentrer sur l'enseignement du dossier médical. L'utilisation du
dossier comme stimulant de l'enseignement donnera à l'étudiant
un message fort sur l'importance du dossier du patient.
- Méthode du rappel stimulé
On utilise cette stratégie afin d'évaluer ou d'aider l'étudiant
à mieux comprendre et à améliorer son raisonnement clinique
ou son processus de décision clinique. Elle peut s'avérer particulièrement
utile pour les étudiants qui semblent désorganisés, qui
contrôlent mal leur temps, qui sont constamment en retard ou qui ne
semblent pas être en mesure de prendre une décision ferme.
Choisissez un moment où vous disposez d'au moins 20 minutes. Demandez
à l'étudiant de sélectionner plusieurs dossiers de patients
ou des enregistrements d'entrevues. Demandez-lui de passer en revue et de
se remémorer la visite du patient selon certaines séquences.
Le dossier ou l'enregistrement vidéo stimuleront la mémoire
de l'étudiant à se rappeler non seulement le déroulement
de l'entrevue avec ce cas particulier mais également son processus
de pensée. Posez des questions comme celles-ci :
" Que se passe-t-il selon vous? " (dans le cas d'un enregistrement
vidéo)
" À quoi pensiez-vous à ce stade-ci? "
" Pourquoi avez-vous posé ces questions? "
" Pourquoi vous êtes-vous arrêté là? "
" Quel était votre diagnostic le plus probable à ce stade-ci?
"
À chacune des étapes de la visite, informez-vous des pensées
de l'étudiant avant de passer à la prochaine. Encouragez l'étudiant
à explorer davantage ce qu'il pensait pendant l'entrevue, et non pas
de façon rétrospective après la fin de l'entrevue.
- Analyse critériée des dossiers
Voici une autre stratégie applicable à la revue des dossiers.
Elle est toutefois différente puisque vous vérifiez les dossiers
de l'étudiant à la fin de la journée, à votre
propre rythme, lorsque vous réussissez à trouver 15 à
20 minutes. Le lendemain, vous communiquez les résultats de votre analyse
à l'étudiant. Servez-vous d'une liste de vérification
qui vous guidera dans votre recherche de certains éléments du
dossier et notez certains exemples précis qui vous aideront dans votre
rétroaction. C'est une méthode fiable et efficace pour analyser
les habiletés de l'étudiant à effectuer une anamnèse
médicale complète, à bien formuler le problème
et à prendre en charge le patient. Vous pouvez également l'utiliser
pour analyser la capacité de l'étudiant à s'impliquer
dans la globalité des soins en termes de maintien de la santé,
d'examen médical périodique ou de prise en charge d'une maladie
chronique. Lorsque la journée de travail laisse peu de temps disponible,
cette stratégie s'applique bien aux patients vus par un étudiant
senior en stage dans votre cabinet de consultation.
- Jeu de rôle
Le jeu de rôle est un récit mimé d'un personnage défini
placé dans une situation simulée. Cette stratégie est
utile pour aider un étudiant à identifier et à se concentrer
sur certaines difficultés d'entrevue, du questionnaire, de psychothérapie,
d'éducation du patient ou de son implication avec des patients difficiles.
L'entrevue se déroule dans des circonstances contrôlées
et non menaçantes. On peut ainsi éliminer certaines variables
propres au patient qui sont non planifiées et non contrôlées.
L'étudiant peut recevoir une réponse immédiate et tenter
d'appliquer immédiatement certaines stratégies correctrices.
Comme matériel pour le jeu de rôle, inspirez-vous d'une vraie
entrevue avec un vrai patient. Habituellement, l'enseignant joue le rôle
d'un patient et mime une vignette particulière ou un problème
médical pendant que l'étudiant procède à l'entrevue.
Demandez à l'étudiant de pratiquer différentes parties
de l'entrevue ou de varier son approche. À chaque étape, partagez
vos commentaires sur l'efficacité de cette approche. Il sera parfois
utile que l'étudiant joue le rôle du patient, afin de mieux connaître
le vécu du patient et d'avoir un meilleur éclairage sur ses
propres attitudes.
- Présentation didactique brève
Cette méthode traditionnelle de formation médicale peut encore
s'avérer efficace dans un contexte de cabinet. Une personne présente
des informations aux autres, ce qui permet typiquement de couvrir l'un des
domaines de la pratique. L'enseignant ou l'étudiant peut présenter
un bref sujet, habituellement en réponse à un patient intéressant
ou difficile. Ou encore, l'étudiant ou l'enseignant peut identifier
une faiblesse spécifique des connaissances dans un domaine clinique
particulier. Il suffit d'une présentation de 5 à 7 minutes pour
dégager un résumé concis du matériel en cause
et ne pas encombrer l'étudiant avec des détails inutiles. Ce
type de présentation peut faire partie d'une séance de révision
de cas au moment d'un repas ou à la fin de la journée.
Servez-vous des patients présentés dans les séances de
révision de cas pour générer des thèmes qui serviront
aux présentations didactiques brèves. Encouragez les étudiants
à prendre note des questions qu'ils pourront approfondir dans leurs lectures.
Certains préféreront se servir de cartes index, d'autres d'un
ordinateur de poche. Choisissez l'une des questions qui fera l'objet de la présentation
et fixez un moment commode et agréable. N'oubliez pas de l'inscrire à
votre horaire, sinon vous risquez de l'oublier.
Pour plus de détails et certaines perles sur chacune de ces stratégies,
sans compter les nombreux conseils pratiques et modèles de listes de
vérification, consultez le livre de référence des auteurs,
Medical Teaching in Ambulatory Care, deuxième édition, Springer
Publishing Company, 2003.
Commandez à : springerpub.com, indigo.ca ou à votre librairie
universitaire locale.

Ressources pour les nouveaux professeurs - Site Web
du CMFC
Si vous consultez la page d'accueil de l'Éducation sur le site Web
du CMFC et que vous allez à la rubrique Section des enseignants, vous
allez y trouver une nouvelle section intitulée Ressources pour les nouveaux
professeurs. Le lien direct est le suivant : Ressources pour les nouveaux professeurs
Vous y trouverez une collection d'articles archivés puisés dans
les numéros antérieurs des bulletins d'information. Des articles
comme Le résident qui échoue par Clare Hawkins, Soins de santé
de collaboration : une perspective nouvelle par Michele Nanchoff-Glatt, Enseignement
de la médecine familiale dans un contexte urbain novateur : l'expérience
de Health Plus par Ron Mayrhofer et Consultation éducative entre pairs
par Yvonne Steinert. Les sujets sont variés, et chacun devrait y trouver
son compte. Le CMFC espère élargir la sélection des articles
offerts ici. Si vous ou votre département êtes intéressés
à partager vos ressources, veuillez communiquer avec Liz Welsh à
lwelsh@cfpc.ca.
Ressources éducatives - Site Web du CMFC
Si vous consultez la page d'accueil de l'Éducation sur le site Web du
CMFC et que vous allez à la section Ressources éducatives, vous
constaterez que nous avons ajouté le document intitulé Situation
actuelle et perspective d'avenir de la médecine familiale dans l'éducation
prédoctorale : les bases de l'omnipratique. Cette monographie a été
produite par les directeurs de l'éducation prédoctorale en médecine
familiale sous la direction du Dr Bob Woollard. Le lien direct est le suivant
:
http://www.cfpc.ca/education/_pdf/undergrad_RevMonograph_Aug20.pdf
Vous y trouverez également les Recommandations du Groupe de travail
sur l'éducation prédoctorale. Ces recommandations ont été
produites sous la direction de Dre Risa Freeman. Le Groupe a travaillé
sous la responsabilité du Comité de direction de la Section des
enseignants.
Conseils pratiques pour l'enseignement - Une page
à l'intention des enseignants en médecine familiale
Dans Le Médecin de famille canadien
Le Médecin de famille canadien a offert à la Section des enseignants
une page pour aborder les questions qui préoccupent les professeurs des
quatre coins du pays ainsi que la possibilité de partager leurs idées
en matière d'enseignement. La page de " Conseils pratiques pour
l'enseignement " sera publiée aux trois mois dans cette revue nationale
révisée par les pairs. C'est une occasion pour vous, les éducateurs,
de partager vos idées et de les diffuser au-delà du Bulletin semestriel
de la Section des enseignants. Le bulletin continuera d'être distribué
comme source d'informations approfondies concernant notre Section des enseignants
en publiant des articles sur le développement professoral, les innovations
et les stratégies d'enseignement.
La page sur les Conseils pour l'enseignement présentera de brèves
descriptions de techniques pédagogiques pratiques qui seront utiles pour
les éducateurs impliqués dans la formation en médecine
familiale. Les conseils pratiques sont souvent le fruit de l'observation ou
de l'expérience personnelle. Les techniques doivent être simples
et pratiques et répondre aux questions que rencontrent souvent les éducateurs
impliqués dans l'éducation médicale prédoctorale,
postdoctorale et continue.
Lignes directrices des conseils pratiques pour l'enseignement
- Présenter le sujet pédagogique soulevé et sa
signification.
- Décrire la technique pédagogique, étape par étape,
avec suffisamment de détails pour qu'un autre éducateur puisse aisément
appliquer cette technique.
- Discuter de votre expérience avec cette technique.
Discuter de méthodes alternatives possibles en référant aux techniques
pédagogiques existantes.
- Présenter une message clair facilement applicable en
50 mots ou moins à la fin de l'article.
- Citer un maximum de 5 références.
- Un conseil pratique doit être publié sur un maximum de 2 pages
du Médecin de famille canadien. Le texte ne doit pas dépasser
1 300 mots. Une ou deux illustrations seront permises.
Soumission des textes
- Les textes doivent être envoyés par courriel à Liz
Welsh (lwelsh@cfpc.ca) au nom de la rédactrice du Bulletin d'information de la
Section des enseignants, Dre Ivy Oandasan, en format Word.
- Après révision de l'article par 2 membres de la Section des
enseignants, vous recevrez une confirmation de l'acceptation ou non de votre
article pour publication dans la page de la Section des enseignants dans les
3 mois suivant la réception.
Enseignement de l'approche diagnostique fondée
sur des preuves
par Martin Dawes, MB.BS, FRCGP, MD, Université McGill
Les mots " valeur prédictive positive " peuvent déclencher
une réaction négative et irréparable dans un auditoire.
Dans un groupe jusqu'alors attentif, on peut voir apparaître sur les visages
un air absent et observer un affaissement des épaules. Comment peut-on
alors enseigner le diagnostic dans un atelier portant sur la médecine
fondée sur des preuves? J'ai appris très tôt que l'utilisation
d'une table de multiplication par deux et les termes épidémiologiques
" sensibilité " et " spécificité "
ne constituaient pas la meilleure approche.
Je suis maintenant résigné au fait que, quel que soit le sujet
présenté, le tiers de l'auditoire sera intéressé,
le deuxième tiers finira par manifester de l'intérêt et
le dernier tiers sera très difficile à intéresser. Il est
évident que ces pourcentages varient avec le sujet traité mais
je n'ai encore jamais rencontré un conférencier ou un chef de
file - indépendamment de son niveau d'excellence - qui puisse maintenir
l'intérêt de tout un groupe pour toute la durée de sa présentation
(cette déclaration provoquera sans aucun doute la fabrication d'une liste
d'enseignants qui ont réussi cet exploit!).
Commençons par Bayes; pas la théorie mais l'homme. Il s'agit
d'un presbytérien du 17e siècle qui était le fils de l'un
des premiers ministres non conformiste en Angleterre. Il avait donc des antécédents
de pensée indépendante. Il a reçu une éducation
privée, possiblement dispensée par Abraham de Moivre qui fut l'un
des premiers logiciens de cette époque. Bayes a été engagé
pour évaluer les théories de Newton sur le calcul. Il devint ministre
de la Chapelle presbytérienne de Tunbridge Wells, située à
35 milles au sud-est de Londres. Sa théorie concernant le hasard a été
publiée de façon posthume en 1764. Des rumeurs veulent qu'il était
lui-même un parieur et qu'il a élaboré ses théories
en réponse à certains besoins personnels mais, puisqu'il était
déjà membre de la Société royale en 1742 suite à
la publication d'un article sur la logique, ces rumeurs sont probablement fausses.
Il a fallu attendre jusqu'en 1959 avant que Ledley & Lusted trouvent une
application médicale aux travaux de Bayes. Comme vous pouvez l'imaginer,
on peut, à ce stade du séminaire, produire plusieurs bonnes images
graphiques.
Essentiellement, Bayes explore notre processus diagnostique. Un médecin,
assis à son bureau pour rédiger des notes, entend un patient qui
s'amène en boitant vers sa porte ouverte. Quelle pourrait bien être
la cause de cette boiterie? Je demande alors à l'auditoire de lancer
des idées : accident vasculaire cérébral (AVC), arthrite,
entorse de la cheville, fracture, blessure sportive. Il y a toujours quelqu'un
qui lance " des chaussures mal ajustées ". Je poursuis alors
en disant que le médecin lève des yeux et voit un homme âgé
d'au moins 70 ans. Je leur demande alors si cet élément de l'anamnèse
augmente la probabilité d'un AVC : oui; arthrite, oui; entorse de la
cheville, moins probable; blessure sportive, moins probable.
On a donc appliqué un test diagnostique, soit l'observation de l'âge
du patient. Ce test a entraîné un changement dans les probabilités
diagnostiques. C'est ce que nous faisons lorsque nous effectuons un test diagnostique.
Nous modifions la probabilité de diverses maladies : certaines deviennent
plus probables, d'autres moins et la probabilité des autres demeure stable.
Les deux prochaines questions auxquelles nous devons répondre sont :
quelle était la probabilité de ces maladies chez " une personne
qui entre dans mon cabinet en boitant " et, deuxièmement, de quelle
façon l'âge de la personne affecte ces probabilités.
On peut trouver une réponse précise à la première
question dans des études épidémiologiques et dans des études
diagnostiques; la réponse sera moins précise si l'on se fie seulement
à sa propre expérience. Il est très peu probable qu'une
adolescente de 16 ans qui consulte pour une céphalée persistant
depuis une semaine soit porteuse d'une tumeur cérébrale. Aucun
essai n'a jamais fait la preuve de cette assertion; les seules connaissances
épidémiologiques que nous possédons sont à l'effet
que 66 % des adolescents qui présentent une tumeur cérébrale
souffrent de céphalée (1).
Il arrive souvent que la probabilité prétest ne soit pas connue
de façon exacte. Que devient-elle avec les résultats du test?
Un résultat négatif réduira la probabilité et un
résultat positif l'augmentera. Bayes a réussi à connecter
ces changements par de simples calculs arithmétiques. Par contre, l'arithmétique
est inutile dans deux situations. La première lorsque le résultat
du test élimine la maladie et la deuxième lorsque le résultat
du test signifie que le patient est presque certainement porteur de la maladie.
Ma prochaine question destinée à cette adolescente est "
depuis combien de temps avez-vous ce mal de tête? " Mon test présuppose
que, si cette adolescente de 16 ans souffre de céphalées depuis
deux ans, on peut presque certainement exclure un astrocytome. Inversement,
la probabilité est-elle forte qu'une fille dont les céphalées
persistent depuis moins de deux ans ait un astrocytome? Non. La probabilité
est très peu modifiée; par contre, l'autre résultat offre
une puissance extraordinaire pour exclure la maladie.
Si elle mentionne que sa céphalée est présente depuis
trois mois, je lui demande alors si elle a noté d'autres symptômes.
Elle dit avoir présenté des épisodes de vision brouillée
et de maladresse de sa main gauche. Ces symptômes augmentent fortement
la probabilité d'une tumeur cérébrale (test d'inclusion).
Par contre, si elle n'a observé aucun symptôme, le diagnostic devient
moins probable.
Cette distinction entre un diagnostic d'exclusion et un diagnostic d'inclusion
est importante. En médecine familiale, nous consacrons beaucoup de temps
aux patients bien portants mais préoccupés. Il nous faut donc
avoir recours à un barrage de tests d'exclusion. Dans les hôpitaux
par contre, nous traitons des malades et utilisons beaucoup de tests d'inclusion.
Il est évident que la médecine n'est pas faite toute de noir ou
toute de blanc. Mais si nous avions le temps de réfléchir à
ce qu'il nous faut exclure, nous serions peut-être plus efficaces dans
notre sélection des tests.
Nous en sommes maintenant arrivés au milieu de ce séminaire et
j'ai presque réussi à éviter toute terminologie épidémiologique.
La clé du succès pour aider les gens à mieux comprendre
les aspects diagnostiques est de consacrer du temps aux concepts. Lorsque ceux-ci
sont mieux compris, le besoin de rechercher des chiffres fait du sens. Si je
suis un médecin de famille, je voudrais maintenant analyser certains
de ces tests d'exclusion. Comment et où les trouver? Il est amusant de
constater que les listes de tests comportant une " forte inclusivité
" ou une " forte exclusivité " sont remarquablement peu
nombreuses. Ce qui signifie qu'il faut donc consulter Medline (en utilisant
par exemple la section d'interrogation clinique de PubMed http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query/static/clinical.html)
ou http://www.infopoems.com/.
Lorsque vous recensez un article, comment savoir si son contenu est vrai? Ceci
semble tellement hérétique que cette assertion est souvent accueillie
par un silence et beaucoup de scepticisme. Si je dois me servir d'un nouveau
test pour le streptocoque A, il est important que je sache comment l'exécuter.
J'ai donc une liste de questions à poser à l'article, ce qui devient
une corvée supplémentaire.
Je demande maintenant à mon groupe d'élaborer un devis pour une
étude diagnostique. Cette démarche leur permet d'élaborer
la liste des questions suivantes sans que j'aie à intervenir pour leur
enseigner.
- Quelles étaient les caractéristiques des patients
chez qui le test a été évalué?
- Ces patients sont-ils semblables à ceux chez qui
s'appliquera le test en pratique?
- La méthodologie du test est-elle clairement décrite?
- Est-il possible de reproduire le test - a-t-il été
validé auprès d'un groupe de patients différent du groupe utilisé pour
l'étude?
- A-t-on effectué une comparaison indépendante et à
l'aveugle avec un test diagnostique reconnu comme test de référence?
- Quel était ce test de référence auquel le nouveau
test a été comparé?
- Le test de référence a-t-il été appliqué
indépendamment du résultat du test diagnostique?
- Est-il possible de reproduire le test dans votre contexte?
Si vous pouvez répondre positivement à toutes ces questions,
les biais seront réduits au minimum. Un article qui a fait école,
rédigé par Lijmer(2) décrit les raisons justifiant l'importance
de certains de ces facteurs.
La prochaine étape consiste à remettre aux étudiants un
article qu'ils devront évaluer. Assurez-vous que la vignette clinique
soit suffisamment longue et détaillée pour bien présenter
le tableau clinique. Finalement, nous discutons des résultats. Lorsque
possible, je demande aux étudiants de travailler en équipes de
deux ou de trois pour cette évaluation de l'article. Chacun de ces petits
groupes répond à l'une des questions ci-dessus, ce qui accélère
le processus et améliore l'efficacité du travail en groupe. Les
réponses données sont celles des petits groupes et non celles
des individus, ce qui permet d'éviter tout sentiment d'embarras. Le même
processus s'applique aux résultats.
Je leur demande d'identifier en termes d'inclusion ou d'exclusion dans quelle
mesure le test est utile. Il est inévitable que ceci entraîne la
production de certains chiffres mais je tente de les ramener en petits groupes
pour les identifier. Après un certain temps, l'un des groupes écrira
des chiffres sur le tableau et tentera de les expliquer. Mon rôle consiste
alors à les empêcher en tout temps de s'écarter de la signification
clinique.
Nous avons maintenant calculé la sensibilité et la spécificité,
et j'ai introduit les termes SnNOut & SpPin (test avec Sensibilité
élevée : résultat Négatif permet d'éliminer
[Out] - test avec Spécificité élevée
: résultat Positif permet d'inclure [in]).
Une question est soulevée : que faire lorsque ni la sensibilité
ni la spécificité ne dépassent 90 % ou 95 %. C'est alors
que j'introduis le nomogramme que je considère être la meilleure
façon de démontrer à la fois le mouvement entre la probabilité
prétest et la probabilité post-test, ainsi que l'absence du besoin
d'une précision absolue dans le cas de la probabilité prétest.
Le calcul du rapport des vraisemblances (RV) nous ramène à Bayes;
ce calcul est présenté sous forme de formule simple.
Arrivés à ce stade, les étudiants sont habituellement
saturés; j'en profite donc pour revenir à la situation clinique.
Pourquoi faites-vous ce test? Vous devez soupeser l'administration du test contre
les options des actes à poser par la suite. Le fait de connaître
le résultat va-t-il modifier votre ligne de conduite et celle de votre
patient ou modifier vos décisions? Prenons l'enfant qui présente
une température élevée et qui vomit depuis deux jours,
et qui présente en plus une douleur abdominale localisée à
la fosse iliaque droite avec douleur et réaction de défense à
la palpation; cet enfant a besoin d'une investigation et d'un traitement hospitalier.
Faire ou non un toucher rectal ne modifiera pas votre décision de l'envoyer
à l'hôpital. Je termine par une discussion générale
sur la façon d'utiliser les tests dans ces circonstances et dans d'autres,
puis je demande au groupe d'identifier des domaines où ils sont d'avis
qu'il est possible d'améliorer l'utilisation des tests.
Finalement, je les encourage généralement à faire cette
évaluation en utilisant les guides2 publiés
ou en accédant aux guides électroniques disponibles.

Nomogramme de la probabilité prétest, du rapport de
vraisemblance et de la probabilité post-test
Veuillez noter - Si vous désirez en savoir davantage sur la médecine
fondée sur des preuves, Martin animera en mai un atelier sur ce sujet
à l'intention des médecins de famille et des médecins d'urgence.
Pour plus de détails, consulter http://www.jgh.ca/research/ebm/ebmconf.htm
RÉFÉRENCES
1. Mehta V, Chapman A, McNeely PD, Walling S, Howes WJ. Latency between symptom
onset and diagnosis of pediatric brain tumors: an Eastern Canadian geographic
study. Neurosurgery 2002;51(2):365-72; discussion 372-3.
2. Lijmer JG, Mol BW, Heisterkamp S, Bonsel GJ, Prins MH, van der Meulen JH,
et al. Empirical evidence of design-related bias in studies of diagnostic tests.
JAMA 1999;282(11):1061-6.
3. Guyatt GH, Rennie D. Essentials of Evidence-Based Clinical Practice with
CDROM and Cards: American Medical Association; 2001.
SURVOL DES ACTIVITÉS DE LA SECTION DES ENSEIGNANTS
par Dianne Delva, MD, CCMF, FCMF, Université Queen's, présidente,
Comité de direction de la Section des enseignants
Encore une fois, félicitations à Ivy Oandasan pour la production
d'un autre excellent numéro du Bulletin d'information de la Section des
enseignants. Dans la présente édition, j'aimerais attirer votre
attention sur des sujets d'actualité qui touchent tous les enseignants
en médecine familiale et les médecins de famille.
Les résultats du Service canadien de jumelage des résidents (SCJR)
montrent, une fois de plus, un intérêt décroissant pour
la médecine familiale comme choix de carrière chez les étudiants
en médecine. Ce problème devient finalement une préoccupation
croissante pour les planificateurs des soins de santé et pour la population.
Le Comité de direction de la Section a élaboré un plan
de mise en oeuvre des recommandations du Groupe de travail sur l'éducation
prédoctorale qui ont été approuvées par le Conseil
d'administration du CMFC en novembre dernier. Vous pouvez consulter ces recommandations
à http://www.cfpc.ca/education/recommendations.
Tous les enseignants peuvent contribuer à améliorer l'image de
la médecine familiale comme choix de carrière en travaillant en
collaboration avec leur faculté de médecine pour s'assurer que
la médecine familiale fasse partie intégrante du programme de
formation de la faculté. Nous avons une excellente possibilité
de démontrer aux étudiants en médecine les gratifications
de la pratique familiale si nous les rencontrons tôt dans leur programme
de formation. Les étudiants de première et de deuxième
années sont très motivés et intéressés à
voir de " vrais patients " et à être exposés à
des modèles de rôle professionnel. Nous manquons une occasion importante
si nous n'établissons pas de liens avec eux durant leurs années
d'externat. Les programmes de mentorat, l'enseignement dispensé dans
nos cabinets et la démonstration aux étudiants de toute la gamme
des possibilités en médecine familiale peuvent les inspirer à
envisager la médecine familiale comme choix de carrière. Malheureusement,
bon nombre d'étudiants sont peu exposés à la médecine
familiale avant le processus du SCJR. J'encouragerais tous les enseignants en
médecine familiale à considérer établir des liens
avec au moins un étudiant de niveau prédoctoral et à l'inviter
à mieux se renseigner sur ce que nous faisons.
Le Forum sur l'éducation en médecine familiale, intitulé
Soutenir la globalité et la continuité des soins : la collaboration
est-elle la solution? s'est tenu juste avant le FMF l'automne dernier. Nous
avons eu la chance de compter sur un excellent groupe d'experts. Ken Monteith,
un travailleur de Sida Bénévoles à Montréal, a présenté
la perspective du consommateur sur le besoin que les patients connaissent leurs
soignants et d'être considérés comme des individus. Robert
Reid, de UBC, a présenté les résultats d'une recherche
sur les concepts et les façons de mesurer la continuité des soins.
Vous pouvez consulter le rapport ;a http://www.chsrf.ca/docs/finalrpts/cr_contcare_e.pdf.
Jan Kasperski, directrice générale du Collège ontarien
des médecins de famille, a présenté un cas probant et inspirant
du travail des médecins de famille. Bob Bernstein a fait valoir le besoin
d'améliorer nos connaissances de notre pratique en utilisant un système
commun de classification comme la Classification internationale des soins de
première ligne. Les groupes ont ensuite examiné comment des modèles
de soins en collaboration pourraient être définis et comment mettre
en application et enseigner la prestation de soins en collaboration. Malgré
une discussion animée et instructive, nous savons que nous n'en sommes
qu'aux tout premiers débuts du processus requis pour définir les
éléments essentiels qui mèneront aux soins en collaboration
et que nous devons comprendre le contenu, la façon et le moment d'enseigner
les habiletés du travail en collaboration. La Section continuera de raffiner
son compte rendu du forum sur l'éducation et le présentera dans
son prochain bulletin d'information.
Les autres sujets abordés à la dernière réunion
comprennent notamment la poursuite de nos efforts pour la tenue d'une assemblée
conjointe sur l'éducation avec le Collège royal des médecins
et chirurgiens et l'Association des facultés de médecine. Tous
les partenaires travaillent à surmonter les défis d'organiser
une assemblée d'une telle envergure. Nous avons également examiné
des méthodes pour identifier et accueillir les nouveaux enseignants aux
activités de la Section des enseignants dans le cadre du Forum. Tous
les enseignants devraient s'identifier et peut-être présenter un
nouveau professeur aux collègues lors de la prochaine rencontre à
Calgary. Nous avons aussi suggéré des stratégies pour inclure
la participation des étudiants en médecine au Forum.
Sur le site Web du CMFC, nous avons ajouté des liens à la page
du document : Social Accountability: A Vision for Canadian Medical Schools
qui sera le point de mire de la prochaine assemblée de l'Association
des facultés de médecine du Canada en avril. Bob Woollard a contribué
à la rédaction du document et animera la discussion au moment
de l'assemblée. Il y a également des liens aux documents ressources
sur la formation en soins aigus sur le site Web de l'Association canadienne
des médecins d'urgence.
Finalement, le Comité de direction a fait des suggestions pour améliorer
les communications entre les membres, avec les autres comités du Collège
et avec le personnel du Collège. Dans cet ordre d'idées, je vous
inviterais à partager vos idées ou vos préoccupations avec
moi ou avec les autres membres du Comité de direction. Notre prochaine
assemblée se tiendra en juin et je vous encourage à nous faire
part de vos suggestions pour améliorer et soutenir le travail de la Section
des enseignants.
Activités à venir : Le Forum 2003 en médecine
familiale " Atteindre de nouveaux sommets "

Le Forum 2003 en médecine familiale célèbre le 25e anniversaire
de la Section des enseignants! Ce congrès offrira une gamme d'activités
attrayantes et stimulantes.
Petits déjeuners-contacts
Cette année, les sessions porteront notamment sur des sujets tels l'évaluation
des programmes et l'élaboration de programmes de troisième année,
en plus de sessions sur l'enseignement de sujets cliniques.
Conférences d'ouverture
Cette année, l'une des conférences portera sur des questions qui
sauront intéresser les professeurs. C'est une excellente occasion pour
tous de participer à cette session.
Réunions en petits groupes, ateliers et groupes de discussion
Toutes ces sessions visent à promouvoir l'apprentissage dans un environnement
interactif.
Démonstrations pratiques
Ces activités qui favorisent l'échange ont connu beaucoup de succès
et ont été très populaires et très efficaces pour
les professeurs et les chercheurs. Elles permettent aux participants de se renseigner
sur les innovations en matière de recherche et d'éducation dans
l'ensemble du pays.
Soirée au restaurant
Le jeudi soir, les démonstrations pratiques seront suivies de la traditionnelle
soirée au restaurant; vous aurez l'occasion de vous joindre à
vos collègues lors d'une soirée dans certains des meilleurs restaurants
de Calgary. Cette activité est organisée par les professeurs de
l'Université de Calgary.
Présentations de distinction
Cette activité vous offre des présentations sur des travaux de
recherche d'une grande qualité. Tous sont invités à assister
à ces sessions afin de reconnaître et de soutenir les activités
de vos collègues.
Dîner de la Section des enseignants
Joignez-vous à vos collègues pour une soirée fort intéressante
le vendredi 24 octobre. Soyez des nôtres pour une Soirée africaine
au Zoo de Calgary. Le Safari Lodge Canada, avec son ambiance africaine unique,
sera le site de ce dîner. Avant le dîner, vivez l'expérience
de TransAlta Rainforest. Les récipiendaires du Prix Ian McWhinney pour
l'éducation en médecine familiale, du Prix Murray Stalker et des
prix de leadership aux étudiants en médecine et aux résidents
de médecine familiale seront honorés lors de ce dîner.
Symposium à l'intention des résidents
Jeudi 24 octobre - 10h30-12h30
La Section des résidents du CMFC tiendra un symposium axé sur
les habiletés d'enseignement des résidents. La Section des résidents
invite les étudiants en médecine à participer à
cette session ainsi qu'à une activité sociale spéciale
en soirée prévue le même soir.
Le Fonds de dotation Ian McWhinney atteint les 30 mille
dollars!
Merci de votre soutien loyal! Le Fonds de dotation Ian McWhinney, créé
en 1997 par la Fondation et la recherche et l'éducation du Collège
des médecins de famille du Canada, a atteint un nouveau total de 30 688
$ en date du 31 décembre 2002. Grâce à vos généreux
dons, le Fonds Ian McWhinney a atteint ce nouveau sommet historique pour soutenir
l'éducation en médecine familiale dans le futur.
L'objectif de ce fonds est de soutenir le Prix Ian McWhinney pour l'éducation
en médecine familiale, présenté chaque année par
le biais du Programme des prix et bourses aux membres du CMFC, à un professeur
de médecine familiale pour son implication significative et les réalisations
de toute en vie consacrée au développement de l'éducation
en médecine familiale au Canada. Cinq professeurs exceptionnels ont reçu
ce prix prestigieux à ce jour; grâce à leur dévouement
et à leur leadership, ils ont contribué à façonner
la formation des médecins de famille au Canada. Ces récipiendaires
sont :
- 2002 Dr Robert Woollard, Université de
Colombie-Britannique, Vancouver, BC
- 2001 Dr Jacques Frenette, Université Laval, Ste-Foy,
Québec
- 2000 Dre Jacqueline Wakefield, Université McMaster,
Hamilton, Ontario
- 1999 Dre Yvonne Steinert, Université McGill,
Montréal, Québec
- 1998 Dr Wayne Weston, Université de Western Ontario, London, Ontario
Le Prix Ian McWhinney est une occasion unique qu'offre le CMFC de reconnaître
l'engagement exceptionnel à l'enseignement en médecine familiale.
Les professeurs sont à la fois les modèles du rôle professionnel
et les mentors des jeunes hommes et femmes qui représentent l'avenir
de notre discipline. La Fondation pour la recherche et l'éducation veut
célébrer leurs réalisations et tient à remercier
les nombreux donateurs qui ont rendu possible l'attribution de ce prix. Pour
plus d'information concernant le Prix Ian McWhinney pour l'éducation
en médecine familiale et la façon de désigner un candidat,
visitez le site Web du Collège à http://www.cfpc.ca.
Vous pouvez affecter au Fonds de dotation Ian McWhinney, en tout ou
en partie, vos dons futurs à la Fondation pour la recherche et l'éducation
en cochant et en signant simplement la portion fonds de dotation sur
la carte de don, accompagnée de votre don ou promesse de don à
la Fondation pour la recherche et l'éducation du Collège des médecins
de famille du Canada, 2630, avenue Skymark, Mississauga, Ontario, L4W 5A4. Vous
pouvez faire vos dons par chèque, VISA, Master Card ou American Express.
Pour plus de renseignements, communiquez avec nous au 1-800-387-6197 ou au (905)
629-0900, poste 244. Un reçu sera émis pour fins d'impôt.
Merci de votre soutien loyal et continu
Nouvelles des départements de médecine
familiale
UNIVERSITÉ DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE
Le
Département de médecine familiale à UBC a connu un hiver
fructueux alors que les Divisions (Médecine du centre-ville, Soins à
la mère et au nouveau-né, Soins palliatifs, Santé des peuples
autochtones, Sages-femmes et Gériatrie communautaire) dont il a été
question dans les bulletins précédents ont procédé
à de nouveaux recrutements et à de nouvelles réalisations
:
Division de la Santé des peuples autochtones : le Dr Isaac Sobol, qui
a travaillé pendant des années pour les communautés autochtones
nordiques, a été recruté pour diriger la Division créée
sous l'habile leadership du Dre Betty Calam.
Division de Gériatrie communautaire : le développement du module
d'un curriculum " vivant " pour l'éducation interdisciplinaire/interprofessionnelle
se poursuit.
Division de la Médecine du centre-ville : le Dr Peter Granger a apporté
d'autres innovations en termes d'éducation interprofessionnelle et de
soins partagés aux soins palliatifs et soins de santé mentale.
Le programme CHIUS, axé sur l'étudiant, retient de plus en plus
l'attention sur la scène nationale.
Division des Soins à la mère et au nouveau-né : les développements
du curriculum interdisciplinaire et l'amélioration de l'expérience
éducative pour les étudiants en médecine (exposés
à toute la gamme d'intervenants, des doulas aux sages-femmes, aux infirmières,
aux obstétriciens et aux médecins de famille) sont examinés
d'une manière positive et leur impact à long terme sera suivi
de près.
Division des Sages-femmes : la division a recruté l'une des premières
chercheuses sur les sages-femmes au Canada, Dre Eileen Hutton. Sous l'habile
leadership de Elaine Carty, la division vit présentement son premier
défi comme victime innocente d'un conflit entre la profession et le gouvernement.
Division des Soins palliatifs : nous avons eu la chance de recruter Dre Patricia
Boston, l'une des chercheuses et des praticiennes en soins palliatifs les plus
en vue au Canada, pour assumer le leadership établi par le directeur
fondateur, Dr Romayne Gallagher. L'année de compétences avancées
a connu une bonne croissance avec trois résidents cette année.
En plus des changements ci-dessus, le Département a fait l'objet d'une
visite d'agrément et d'un examen externe qui ont reconnu les réalisations
considérables du département et contribué à préparer
la voie du futur.
UNIVERSITÉ MCMASTER
Conférence Carl Moore
Le Dr David Kuhl de Vancouver, C.-B., présentera la 5e Conférence
annuelle Carl Moore en soins de première ligne à l'Université
McMaster le 7 mai 2003 à 17 heures, dans le Health Sciences Centre, salle
1A1. La sénatrice Sharon Carstairs, qui a été désignée
pour soutenir les intérêts du gouvernement fédéral
dans le développement des soins palliatifs, participera à la discussion.
La conférence sera suivie d'un vin et fromage, la signature d'un livre
et une exposition en soins palliatifs organisée dans le cadre de la Semaine
des soins palliatifs.
Le Dr Kuhl est médecin en soins palliatifs; depuis 15 ans, il dispense
des soins aux personnes en fin de vie. Le Dr Kuhl a reçu son diplôme
de Médecine de l'Université McMaster en 1985. Il a été
impliqué dans l'élaboration et la mise en œuvre du programme de
soins palliatifs au St. Paul's Hospital de Vancouver en 1988. Depuis, il a travaillé
à l'élaboration du programme de soins palliatifs pour le Providence
Health Care.
En 1996, il est devenu Soros Faculty Scholar pour le projet Death in America.
Fort de son expérience comme médecin en soins palliatifs et ayant
partagé le vécu des patients avec une maladie terminale, le Dr
Kuhl a tenté de mieux comprendre les réalités physiques,
psychologiques et spirituelles en fin de vie. Il a écrit un livre, What
Dying People Want, Practical Wisdom for the End of Life (Doubleday, Canada),
basé sur les résultats de sa recherche, de son expérience
de travail et de sa formation en médecine palliative.
Renforcement actif des capacités en soins de longue durée
Vingt mille lits de soins de longue durée seront bientôt ajoutés
aux 57 000 lits existants en Ontario. Cette augmentation présente des
défis et offre des possibilités aux planificateurs et aux dispensateurs
des soins de santé. L'un des principaux défis consiste à
recruter et à retenir des dispensateurs compétents; l'une des
possibilités majeures est la création de nouveaux modèles
de prestation des soins de santé.
Grâce au financement du ministère de la Santé et des Soins
de longue durée de l'Ontario, le Département de médecine
familiale et la Faculté de nursing de l'Université McMaster, en
collaboration avec le Village Shalom, ont développé une proposition
de recherche pour trois initiatives. Des ateliers se tiendront pour chacune
des initiatives afin de synthétiser les données de la littérature
récente, les expériences et les opinions des cliniciens impliqués
directement, ainsi que les penseurs innovateurs locaux intéressés
à l'avenir des soins de santé en Ontario.
L'Initiative Un s'attardera au recrutement et à la rétention
des médecins de famille, des infirmières praticiennes et des pharmaciens.
Il en résultera la publication d'un document de stratégie décrivant
des méthodes créatives et innovatrices de recrutement et de rétention
des cliniciens en soins de longue durée aux niveaux local, régional
et provincial. L'Initiative Deux portera sur des modèles de prestation
en collaboration pour dispenser des soins dans les établissements de
longue durée alors que l'Initiative Trois portera sur la définition
d'un curriculum pour les résidents de médecine familiale et les
étudiants des programmes d'infirmières praticiennes et de pharmacie.
Conférences/Assemblées/Colloques à venir
AACE - Association for the Advancement of Computing in Education. http://www.aace.org
AAMC - Association of American Medical Colleges. http://www.aamc.org
ACMC/AFMC - Association of Canadian Medical Colleges/Association des
facultés de médecine du Canada. http://www.acmc.ca
ACME – Assemblée annuelle de l’Alliance pour la FMC. acme@acme-assn.org
ou (205) 824-1355. http://www.acme-assn.org
AERA – Assemblée annuelle de l’American Educational Research Association.
http://www.aera.net
AMEE/AEME - Association for Medical Education in Europe/Association
pour l’enseignement médical en Europe. http://www.amee.org
ASME – Assemblée scientifique annuelle de l’Association for the Study
of Medical Education.
http://www.asme.org.uk courriel : nicky@asme.org.uk
or jenny@asme.org.uk
CAA - Computer Assisted Assessment International Conference for Developers
and Practitioners of CAA in Higher Education. http://www.lboro.ac.uk/service/fli/flicaa
CAME/ACEM – Assemblée annuelle. http://dante.med.utoronto.ca/came
CGEA – Appel de propositions pour l’Association of American Medical
College's Central Group on Educational Affairs Spring Conference. http://www.medlib.iupui.edu/cgea/cgea.html
or e-mail: kohle003@maroon.tc.umn.edu
Conférence internationale annuelle EDINEB
http://www.fdewb.unimaas.nl/edineb/8conference.htm
E-mail: EDINEB@FacBurFdEW.Unimaas.nl
EDINEB Network, Maastricht University, Maastricht, The Netherlands
GEA – Assemblée annuelle du Group on Education Affairs. Information:
603-650-1755 ou courriel : joseph.odonnell@dartmouth.edu
http://www.aamc.org/gea
IAMSE: International Association of Medical Science Educators http://www.iamse.org/conf6_menu.htm
International Conference on Health Professional Education: 7-10 octobre
2002, University of Free State, Bloemfontein, South Africa.
http://www.uovs.ac.za/faculties/med/education
Prof. Marietjie Nel hpe@med.uovs.ac.za
ASSEMBLÉE ANNUELLE DU NAPCRG. Pour information, 1-800-274-2237 ou 913-906-6000,
poste 5422, ou courriel : depasst@stfm.org
http://www.napcrg.org
NEGEA: Northeast Group on Educational Affairs
http://www.tufts.edu/med/curriculum/negea
Click on "Meetings"
RCPSC/CRMCC – La Conférence annuelle sur l’éducation médicale et le
développement professionnel du Collège royal des médecins et chirurgiens du
Canada. http://rcpsc.medical.org
SDRME - The Society of Directors of Research in Medical Education. http://www.sdrme.org
STFM - Society of Teachers of Family Medicine Annual Spring Conference.
http://www.stfm.org
STLHE: Society for Teaching and Learning in Higher Education
http://www.tss.ouguelph.ca/STLHE
Spiritual and Health Conference. http://www.cme.ucalgary.ca/courses/brochures/8100343.pdf
Time: "Trends and Innovations in Medical Education", parrainé
par la Faculté de médecine, Université de Maastricht, Pays-Bas. Secrétariat
de l’assemblée : time@bibfdg.unimaas.nl
Révision des lignes directrices à : http://www.blackwell-science.com/med
Inscription : http://www.unimaas.nl/time/registration
The Network: Community Partnerships for Health through Innovative Education,
Service, and Research, Maastricht, Pays-Bas : http://www.network.unimaas.nl/
Courriel : secretariat@network.unimaas.nl
Conférences : http://www.network.unimaas.nl/conferences.htm
WFME/FMEM (World Federation for Medical Education/Fédération mondiale
pour l’enseignement de la médecine). Conférence internationale ayant pour thème
"Global Standards in Medical Education - For Better Health Care",
du 14 au 18 septembre 2002, Copenhague. http://www.sund.ku.dk/wfme
Courriel : wfme@adm.ku.dk
Subvention de recherche en éducation - Information
et date limite des demandes
Subventions du CRMCC - Bourse de développement professionnel
du Collège royal, subvention de recherche et développement CanMEDS
du CRMCC/AMS, subvention de recherche en éducation médicale -
date limite : 30 avril 2003 - http://rcpsc.medical.org
ou courriel awards@rcpsc.edu
Le Collège des médecins de famille du Canada
(CMFC)
un organisme médical national dont le siège social est situé
à Mississauga, Ontario, est à la recherche d'un directeur du Service
de développement professionnel continu (antérieurement désigné
le directeur du Service de formation médicale continue). Il s'agit
d'un poste à temps plein.
Cette personne, qui relèvera du directeur général et chef
de la direction, assumera un rôle de leadership dans le domaine du développement
professionnel continu/formation médicale continue (DPC/FMC) pour les
médecins de famille canadiens, assurant ainsi la place du CMFC à
la fine pointe des initiatives de DPC/FMC tant sur la scène nationale
qu'internationale. Il/elle sera responsable de gérer MAINPRO (Maintenance
of Proficiency/Maintien de la compétence professionnelle), le programme
qui régit les exigences de DPC/FMC pour plus de 16 000 membres du CMFC.
Il ou elle sera responsable de la gestion du Comité de DPC/FMC du Collège
qui élabore les politiques du CMFC concernant les exigences des crédits
MAINPRO pour les membres et l'approbation des activités de DPC/FMC. Cette
personne verra à l'application de ces politiques et assurera la communication
avec les membres et la communauté élargie de DPC/FMC.
Il ou elle travaillera avec nos sections provinciales, les bureaux universitaires
de FMC et autres dispensateurs de FMC et, au besoin, représentera le
CMFC lors des travaux de DPC/FMC des autres organisations.
Puisque cette personne fera partie du personnel cadre du CMFC, elle sera donc
intégrée à l'équipe de gestion administrative du
CMFC et participera à un large éventail d'activités du
CMFC selon les besoins.
La préférence ira aux candidats qui sont médecins de famille
et qui maîtrisent les deux langues officielles. Le candidat ou la candidate
doit posséder d'excellentes aptitudes de communication verbale et écrite,
une grande capacité d'assumer des responsabilités administratives
et de gestion ainsi qu'une bonne connaissance de l'informatique.
Le CMFC offre un salaire concurrentiel en fonction des qualifications et de
l'expérience ainsi qu'un ensemble d'avantages sociaux. Faites parvenir
votre curriculum vitae accompagné d'une lettre explicative avant le 30
avril 2003 à :
Calvin Gutkin, MD, CCMF (MU), FCMF
Directeur général et chef de la direction
Le Collège des médecins de famille du Canada
2630, avenue Skymark
Mississauga, Ontario L4W 5A4
Tél. : (905) 629-0900, poste 237; téléc. : (905) 629-0893
Courriel : cgutkin@cfpc.ca
Le comité exécutif de la Section des
enseignants en médecine familiale
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