Histoire du Collège

Fondé en juin 1954, le Collège est l'organisme médical national qui appuie les médecins de famille qui fournissent des soins de santé de qualité à leurs patients.

Conseil d'administration du Collège des médecins de famille du Canada (1954)

Célébrons les 60 ans du Collège des médecins de famille du Canada

Apprenez-en davantage sur l'histoire du CMFC, ses sections et ses membres.

Origines

La médecine familiale, ou médecine générale, a connu en fort déclin pendant les années qui ont précédé la fondation du College of General Practice of Canada en 1954. Les spécialités médicales étaient en plein essor et les étudiants en médecine étaient de plus en plus nombreux à choisir une des nouvelles spécialités. Privée d'un porte-parole national qui défendrait et représenterait ses intérêts, la médecine générale avait perdu son prestige. Si la discipline a connu un regain d'intérêt, c'est en grande partie grâce au travail du premier directeur général du Collège : Dr W. Victor Johnston. En 1948, DJohnston mobilisa les efforts visant à créer une section de médecine générale au sein de l’Ontario Medical Association. Plus tard dans l'année, l'AMC forma également un comité sur la médecine générale, présidé par le Dr Johnston. Son mandat : étudier la possibilité d'établir une section de médecine générale nationale. Ce sont ces initiatives, et la persistance du Dr Johnston, qui ont enfin convaincu le Conseil de l'AMC de créer le College of General Practice of Canada en 1953.

Fondation du Collège : Dr Victor W. Johnston, directeur général (1954-1965)

Le 17 juin 1954, le College of General Practice of Canada tenait sa réunion inaugurale dans un modeste restaurant de Vancouver. Les délégués présents élurent un premier président – Murray Stalker – fidèle allié de Dr Johnston à l'AMC. L'AMC accorda une subvention de démarrage de 10 000 $ au nouveau collège, qui, à l’époque, comptait 400 membres fondateurs inscrits. Le collège aménagea des locaux sur la rue St-Georges, au centre-ville de Toronto, au siège social de l'AMC et de l'OMA.

Dr Johnston rédigea les buts et objectifs qui définirent clairement le mandat du nouveau Collège. Il serait un organisme académique chargé de promouvoir l'éducation en médecine générale aux niveaux prédoctoral et postdoctoral, y compris la formation continue. L'organisme devait également soutenir la recherche en médecine générale et encourager la publication de travaux de recherche originale des médecins généralistes. Le projet était ambitieux et visait à redynamiser la discipline et à faire reconnaître et respecter ses praticiens.

Certification en médecine familiale – Donald I. Rice, directeur général (1965-1985)

Au début des années 1960, le collège redoubla ses efforts en vue d'établir une formation avancée en médecine générale et de faire reconnaître l'excellence de la discipline. Il organisa des conférences nationales sur l'éducation en médecine familiale/médecine générale en 1962, 1963 et 1964. Leur but : définir un cursus de formation postdoctorale en médecine familiale et convaincre les facultés de médecine et autres spécialistes à participer. À l'automne 1964, Dr Donald I. Rice, alors directeur général associé du Collège, fut mandaté de mettre en place un programme de formation postdoctorale et de certification en médecine familiale/médecine générale.

Les dix prochaines années furent fructueuses. En 1965, Dr Donald Rice succéda officiellement à Dr Victor Johnston au poste de directeur général et d’emblée, il prit des mesures pour atteindre les buts fixés par son mandat de 1964. En 1966, les deux premiers programmes de résidence en médecine familiale virent le jour à l'Université de Calgary et à l'Université de Western Ontario (maintenant l'Université Western). Ces programmes étaient d’une durée de trois ans; les diplômés étaient admissibles au premier examen de certification, qui a eu lieu en 1969. Treize candidats se présentèrent à l'examen de 1969, et dès 1974, le collège comptait près de 1000 nouveaux médecins de famille certifiés. Le pourcentage de nouveaux candidats issus du programme de résidence était en croissance constante. En 1974, chacune des 16 facultés de médecine avait son programme agréé de résidence en médecine familiale.

Réalisations et nouvelles initiatives

En 1967, afin de reconnaître la nouvelle discipline et d’établir une nouvelle orientation, le Collège changea sa dénomination sociale. Dorénavant, il s’appellerait Le Collège des médecins de famille du Canada.

En 1978, le Collège mit sur pied la Section des enseignants en médecine familiale pour fournir une tribune et un support au nombre croissant de membres provenant du milieu universitaire. Elle organisa des conférences nationales à intervalles réguliers pendant les vingt-cinq prochaines années et s’avéra une ressource importante pour ce milieu. Ces conférences devinrent un pôle d'attraction pour la créativité pédagogique et l’échange d'idées et, en tant que ressource pour le développement professoral, répondirent à un besoin identifié au sein de la nouvelle discipline.

En 1981, l'AMC demanda que soit mené un examen de la formation en médecine familiale à l'échelle nationale. À l’époque, environ la moitié de ceux qui commençaient à exercer la médecine familiale étaient issus d’un programme de résidence, tandis que les autres avaient fait une année d'internats rotatoires. Ce double parcours était perçu comme problématique et le Conseil de l'AMC forma la Task Force on Education for the Provision of Primary Care Service, plus tard connu sous le nom de Groupe de travail Wilson, d’après son président, le Dr Lawrence Wilson. Son mandat était très large, à savoir examiner les parcours de la formation vers l'exercice de la médecine générale et faire des recommandations sur la formation future des médecins généralistes.

Le Collège participa activement à cet examen. Les recommandations du groupe de travail, émises en 1984, validèrent les programmes du Collège. On recommanda une formation d'au moins deux ans avant d'obtenir l'autorisation d'exercer et un seul parcours de formation pour la médecine générale, soit la formation en résidence. Le groupe de travail recommanda également que le Collège soit l'organisme chargé d'établir les normes de formation pour la médecine générale.

Dr Reginald L. Perkin, directeur général (1986-1995)

En 1985, le Dr Reginald L. Perkin succéda à Dr Rice au poste de directeur général. Au cours de la prochaine décennie, Dr Perkin allait poursuivre le mandat du Collège et relever ses nombreux défis. Un nouveau groupe de travail de l'AMC continuait d'évaluer les meilleurs moyens d’implanter une formation propre à la discipline de médecine familiale. Des voies alternatives avaient été recommandées et même offertes dans certaines provinces, toutefois on continuait de privilégier la résidence en médecine familiale, par défaut.

Les Quatre principes de la médecine familiale

Dr Perkin supervisa le développement des Quatre principes de la médecine familiale et une révision du cursus qui allait mettre le Collège sur une toute nouvelle voie quant au contenu et à la structure des programmes de formation. On remit en question les stages fixes calculés en temps, au profit d’un cursus horizontal. Le temps consacré à la médecine familiale en clinique doubla, passant de quatre à huit mois au cours d’un programme de deux ans. Le rapport encourageait les programmes à répartir le contenu de médecine familiale tout au long de la formation complète de 24 mois en intégrant le travail en médecine familiale à la formation dans d'autres milieux cliniques sur un plan horizontal. En définissant la discipline selon quatre principes, on élargit le contenu et les contextes d'apprentissage. Sans contredit, ce fut la plus importante initiative sur le plan curriculaire en éducation médicale jusqu'à l’avènement du projet Educating Future Physicians of Ontario (EFPO) et, plus tard, le cursus CanMEDS axé sur les compétences.

La fin des stages d'internat junior

Dans les années 1980, l'Alberta et le Québec passèrent à une formation de deux ans pour les médecins de famille avant d’obtenir l’autorisation d'exercer; les autorités réglementaires des autres provinces leur ont emboîté le pas. Ce changement mit un terme au stage d'internat junior en 1992. La certification en médecine familiale et le programme de résidence seraient désormais le parcours vers l'exercice de la médecine familiale. Toutefois, le financement nécessaire pour élargir les programmes de formation existants n’a pas suivi. Dr Perkin et le Conseil d'administration du Collège ont compris que cet écart réduirait inévitablement le nombre de médecins de famille disponibles pour répondre aux besoins de la population canadienne. Par conséquent, le Collège amorça un virage, passant d’un rôle purement académique à un rôle plus actif sur la scène politique, où il examinerait les ressources en santé et travaillerait à renverser cette tendance.

Section des chercheurs - 1995

L’une des dernières grandes initiatives du Dr Perkins fut la création de la Section des chercheurs en 1995. À plusieurs égards, ce projet aida à réaliser l’un des premiers buts et objectifs de Dr Johnson : créer un pivot pour les chercheurs en médecine familiale au Canada et les soutenir. Malgré tout le travail accompli pour donner du poids à la recherche et à la publication, il n'existait aucune tribune nationale pour les appuyer et pour militer pour l’amélioration des ressources et pour le développement professionnel.

Dr Calvin Gutkin, directeur général et chef de la direction (1996-2012)

De 1995 à 2012, le Collège a connu une énorme croissance. Le nombre de membres doubla et, en septembre 2013, s’approchait de la barre des 30 000. Avec un effectif en croissance et assuré de la stabilité éducative de la discipline et de la croissance soutenue des programmes de résidence, Dr Gutkin se pencha sur les défis politiques auxquels la discipline était confrontée. Il lança des projets conçus pour attirer l'attention des décideurs politiques sur la médecine familiale en élaborant un portefeuille de politiques sur la santé au sein du Collège et en travaillant plus étroitement avec les instances gouvernementales fédérales et provinciales.

Parmi ses legs les plus importants, soulignons la mise en œuvre du Sondage national des médecins, mené en collaboration avec l'AMC et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. Le sondage a fourni à la médecine organisée des données valides et fiables sur les tendances et les ressources humaines. Il fournit aussi des données dont on avait besoin pour soutenir les réformes amorcées dans la pratique quotidienne et pour épauler les médecins de famille

Forum en médecine familiale

Pour favoriser le recrutement de nouveaux membres et former une communauté d'intérêt national en médecine familiale, le Dr Gutkin entreprit de restructurer les assemblées annuelles et l'assemblée scientifique du Collège en créant le Forum en médecine familiale : une semaine complète au cours de laquelle les chefs de file de la discipline, les enseignants, les chercheurs et les praticiens se réuniraient pour discuter des politiques, du développement professoral, de la formation continue et pour célébrer la médecine familiale.

Section des médecins de famille avec intérêts particuliers ou pratiques ciblées (IPPC)

L'une des initiatives les plus controversées, mais les plus importantes du mandat du Dr Gutkin a été la création d’une nouvelle section, à savoir la Section des médecins de famille avec IPPC, pour reconnaître les membres qui avaient développé des intérêts cliniques particuliers dans leur pratique. Le Collège avait toujours entièrement appuyé les soins complets et globaux, mais Dr Gutkin avait reconnu l’importance de soutenir et de reconnaître les membres qui avaient choisi de cibler leur pratique. En 2012, le Collège approuva l'attribution de Certificats de compétence additionnelle dans certains domaines de pratique, tout en établissant une infrastructure qui soutiendrait le développement professionnel continu des membres dans ces domaines.

Cursus Triple C axé sur le développement des compétences

Dr Gutkin fournit des ressources additionnelles pour poursuivre le mandat du Collège en matière d’éducation et pour soutenir le virage vers les normes de formation par compétences. On définit et mit en œuvre le Cursus Triple C axé sur le développement des compétences. Le travail visant à améliorer la formation et l’évaluation des résidents se poursuit encore aujourd’hui.

Centre de médecine de famille

Depuis sa création en 1954, le Collège s’était centré sur la formation, cependant, le DGutkin mit davantage l’accent sur la communauté de pratique. DGutkin et son équipe de direction ont reconnu l’importance de fournir une vision nationale pour la pratique. Tout en reconnaissant la promesse des soins complets, globaux et continus faite à la population canadienne, ils savaient que les médecins n’étaient pas tous en mesure de répondre à ces attentes. Les besoins de la société changeaient. On avait besoin de médecins de famille avec des habiletés et des connaissances spéciales, et le Collège devait s’assurer que ses soins étaient offerts dans le contexte d’un centre de médecine de famille. S'inspirant du travail de l'American Academy of Family Physicians, le Dr Gutkin a dirigé un projet qui traça les grandes lignes d’un modèle de pratique qui répondait aux besoins des nouveaux médecins et de ceux de la société contemporaine.

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