Mars 2015

Garey Mazowita, MD CCMF FCMF

Sillonner le pays en tant que président du Collège : une expérience fascinante!

Je ne me souviens pas avoir éprouvé une gamme d’émotions aussi variée – de l’enthousiasme à l’inquiétude et tout ce qu’il y a entre les deux.

Partout au pays, je continue d’être impressionné par l’engagement des étudiants et des résidents envers les soins complets et globaux. (Toutes mes excuses au Groupe d’intérêt en médecine familiale et aux résidents de MF que j’ai rencontrés à l’Université de Calgary. Dans un de mes messages précédents, j’ai écrit par erreur qu’ils étudiaient à l’Université de l’Alberta.)  Comme bien d’autres, je m’inquiète de la tendance de certains diplômés de cibler leur pratique dès la fin de leur résidence. Heureusement, ils semblent prendre de plus de plus conscience du besoin d’approfondir les compétences globales avant d’envisager une pratique ciblée, tout comme du besoin d’ancrer leurs intérêts dans des soins complets et globaux (pour les résidents R3). Cela dit, les médecins qui sont sur le marché du travail sont pleinement conscients de la complexité et des demandes de la médecine familiale traditionnelle, ce qui pourrait encourager le choix prématuré d’une pratique ciblée. Cette situation semble stimuler l’intérêt pour une révision de la durée de la résidence. Une résidence de trois ans pourrait-elle raffermir les compétences globales et la confiance tout en permettant de développer des intérêts particuliers? Or, on peut dire que la « proposition de valeur » de la médecine familiale est ancrée dans les soins complets et globaux, et complétée par une pratique ciblée fondée sur ces bases.

Par ailleurs, la situation dans laquelle se retrouvent certains de nos membres soulève de graves préoccupations. Par exemple, au Québec le projet de loi 20 pose un énorme défi. Ce projet de loi entend faire en sorte que le nombre de patients inscrits devienne le déterminant de la « valeur », au détriment de l’enseignement, de la recherche et de l’administration. Bien que la productivité clinique soit clairement importante, il est impensable de définir la « valeur » de la médecine familiale uniquement par des volumes si nous voulons ajouter un volet académique à notre discipline.

Signe encourageant : à McGill, j’ai rencontré un doyen extrêmement soucieux de notre discipline et un directeur de département qui garde résolument un pied dans les changements du système de santé et l’autre dans la recherche et l’éducation. Vraiment très inspirant!

Dans d’autres domaines, nos membres et nos sections provinciales cherchent activement des solutions au problème d’accès, notamment grâce au remaniement de la pratique en cabinet, aux réseaux ou à des systèmes de remboursement mieux harmonisés. Certaines orientations semblent se profiler à l’horizon; reste à savoir si nous pouvons les implanter assez rapidement pour éviter que des solutions soient imposées par des intervenants externes. 

Enfin, chaque personne que je rencontre reconnaît le besoin de mettre la qualité et l’imputabilité au premier plan. Pour ce faire, nous devons nous « approprier » ces dimensions et passer rapidement à l’action.

 

Garey Mazowita, MD, CCMF, FCMF
Président, CMFC

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