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Mars 2006
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COLLÈGE D’où vient la plume dans votre poche? Christopher Sikora, MD, MSC Il y a quelques mois, je faisais un stage en médecine familiale dans une région rurale de l’Alberta. Le stage était structuré de manière à ce que notre temps soit divisé entre les consultations en cabinet et le service d’urgence. Une nuit, alors que j’étais à l’hôpital après les heures normales, j’ai reçu un appel pour aller voir un patient à la salle d’urgence. À mon arrivée, l’infirmière responsable m’a dit que le patient était une fillette de huit ans, Kristina, qui souffrait de toux depuis 2 jours. Dans son dossier, j’ai remarqué que la case indiquant les vaccinations n’était pas cochée. Lors d’une rencontre avec le médecin-hygiéniste la semaine précédente, j’avais appris que les taux d’immunisation étaient faibles dans la région et qu’il y avait eu récemment des flambées de coqueluche. En entrant dans la salle d’examen, je planifiais mentalement de parler aux parents des mythes circulant à propos des vaccins: problèmes de sécurité, présence de mercure, système immunitaire naturel par rapport à activé, surcharge du système immunitaire, autisme et additifs dans les vaccins. Après avoir examiné Kristina, j’ai rassuré la mère en lui disant que l’enfant souffrait d’une maladie virale qui devrait probablement disparaître en quelques jours. Je lui ai ensuite demandé: «Kristina a-t-elle été vaccinée?» «Non, nous avons décidé de ne pas la faire vacciner», m’a répondu la mère. «Pour une raison en particulier?» Je m’attendais à ce qu’elle mentionne des questions de sécurité. «Parce que les médecins qui donnent les vaccins sont influencés par les compagnies de produits pharmaceutiques et je m’en méfie.» «Je vous demande pardon?» Je lui ai demandé d’expliquer sa réponse. «J’ai travaillé comme technicienne en pharmacie et j’ai été dégoûtée de voir combien les médecins se font influencer si facilement par les représentants des compagnies pharmaceutiques: des repas au restaurant, des gadgets, des vacances. Si les compagnies pharmaceutiques contrôlent tant les pratiques d’ordonnance des médecins quand il s’agit de médicaments ordinaires, comment puis-je savoir que l’industrie des produits pharmaceutiques ne contrôle pas aussi la recherche sur les vaccins et les recommandations qui en découlent?» Dans ma rencontre avec le médecin-hygiéniste, ce motif de ne pas faire vacciner n’avait pas été discuté. La mère était disposée à faire vacciner son enfant, mais elle se méfiait automatiquement des médecins en raison de l’apparente influence des compagnies de produits pharmaceutiques sur la profession médicale. En travaillant dans les cabinets de divers médecins, j’ai gardé en tête l’impression que pouvait donner l’industrie pharmaceutique d’influencer notre pratique. L’article le plus communément trouvé dans ces cabinets est la plume de la compagnie pharmaceutique. Nous prescrivons souvent nos médicaments hypotenseurs préférés avec une plume portant le nom de la plus récente formule d’antibiotiques. En tant que médecin, j’ai définitivement les moyens d’acheter ma propre plume. Que voit-on sur mon tapis à souris ou ma tasse de café favorite? Mon stéthoscope, mon marteau à réflexe ou mon monofilament de 10 g portent-ils de la publicité? J’ai même vu des feuilles de papier, destinées à faire partie des notes consignées dans les dossiers médicaux des patients, parsemées de publicités. Quelle impression donne-t-on à nos patients lorsque des annonces publicitaires de médicaments tapissent les outils de base de notre profession? Y aurait-il en sous-entendu le moindre parti pris dans le choix des médicaments, donc dans les décisions médicales prises pour nos patients? La relation médecin-patient se fonde sur la confiance et la conviction que les meilleures décisions sont prises dans l’intérêt des patients, en toute impartialité. En tant que médecin, il est impératif que nous demeurions sans parti pris dans nos décisions professionnelles. Il importe tout autant de maintenir l’apparence d’impartialité. Nos actes sont souvent plus éloquents que nos paroles. Pensez-y la prochaine fois que vous rédigerez une prescription avec une plume aux couleurs d’une compagnie de produits pharmaceutiques. Lectures suggérées Canada's Research-Based Pharmaceutical Companies (Rx&D). Code of conduct. Ottawa, Ont: Canada's Research-Based Pharmaceutical Companies; mise à jour en 2006. Accessible à: http://www.canadapharma.org/Industry_Publications/Code/ Association médicale canadienne. Code of ethics. Ottawa, Ont: Association médicale canadienne; mise à jour en 2004. Accessible à: http://policybase.cma.ca/PolicyPDF/PD04-06.pdf . Accédé le 1er février 2006. Association médicale canadienne. Physicians and the pharmaceutical industry. Ottawa, Ont: Association médicale canadienne; mise à jour en 2001. Accessible à: http://www.cma.ca//multimedia/staticContent/HTML/N0/l2/ Dr Sikora est résident de deuxième année en médecine communautaire à l’University of Alberta à Edmonton.
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